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De quoi parle-t-on ?

En automne 2016, la première récolte des premières « Arctic Apples » ont été récoltées en Amérique du Nord. Une première commercialisation a été testée en automne 2017. Ces pommes sont génétiquement modifiées (GM) pour que leur chair ne brunisse pas au contact de l’air. Ce brunissement est une réaction de défense rencontrée dans plusieurs sortes de fruits et de plantes. La destruction des structures cellulaires, lorsqu’on pèle ou découpe les pommes, induit le relâchement de l’enzyme polyphénoloxidase qui induit l’oxydation des phénols en quinones. Cette réaction aboutit à cette couleur brune typique mais libère des quinones, toxiques pour les microorganismes. Dans les Arctic Apples, l’expression de l’enzyme PPO est réduite au silence par interférence à ARN [voir l’article « Interférence à ARN » dans la section « Techniques » ]. Ces pommes intéressent avant tout la grande distribution pour la commercialisation de pommes coupées qui puissent rester appétissantes et sembler fraîches alors qu’elles ne le sont plus depuis longtemps.

Qu’est-ce qui pose problème ?

  • On trompe le consommateur : ces pommes ne sont fraîches qu’en apparence.
  • La fonction biologique des gènes désactivés n’est pas exactement connue. Il est possible qu’ils jouent un rôle dans la défense contre les ravageurs. Ces pommes pourraient être ainsi plus sensibles aux maladies. PPO !
  • Les chercheurs impliqués n’ont pas réussi à intégrer l’ADN additionnel comme prévu. Le génome des cultivars contient donc plusieurs copies et fragments des constructions génétiques, ce qui augmente la probabilité d’effets indésirables.
  • Les cultivars sont équipés en outre d’un gène bactérien de résistance à un antibiotique qui sert à sélectionner les plantes modifiées avec succès. En Suisse, et ce depuis 2008, les plantes modifiées génétiquement (PGMs) ne doivent pas contenir de gène de résistance aux antibiotiques, même lors d’essais en plein champ de variétés en développement. Les directives de l’UE recommandent seulement d’éviter l’utilisation de gènes de résistance aux antibiotiques dans les PGMs. On craint en effet que les gènes de résistance soient transmis à des microorganismes.
  • Aucune évaluation du risque environnemental ou sanitaire n’a été effectuée. La pomme n’est pas un cas isolé. Il existe déjà des champignons de Paris et des pommes de terre programmés pour ne pas brunir au contact de l’air. Qu’adviendra-t-il à terme de notre alimentation, avec la multiplication des modifications du patrimoine génétique des plantes qui nous nourrissent ? Quels sont leurs effets à long terme sur notre organisme ?

Pour plus d’informations :

Les règles définies dans le traité de libre-échange EU-Canada (CETA) ne correspondent pas aux standards en vigueurs en Europe. Ces traités n’empêcheraient pas la mise sur le marché suisse et européen de pommes GM, de champignons de Paris GM ou de pommes de terres GM non étiquetés comme tels.

L’entreprise canadienne Okanagan Speciality Fruits Inc., qui a développés les « Arctic Apples », a été rachetée en 2015 par l’entreprise américaine Intrexon. Les investisseurs d’Intrexon semblent surtout orientée profit. L’entreprise a été fondée par le milliardaire Randal J. Kirk, qui a déposé des demandes de brevet revendiquant le statut d’invention pour des souris, des rats, des chats, des chiens, des bovins, des porcs, des chevaux, des moutons et des chimpanzés génétiquement modifiés. Intrexon produit également des insectes GM, un saumon GM et des taureaux clonés. Elle travaille avec le groupe FuturaGene au développement d’arbres GM. Robert B. Shapiro, ex-directeur de Monsanto, est membre du conseil d’administration d’Intrexon. L’entreprise promet à ses investisseurs un lancement agressif des OGM sur le marché.

 

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